Les premières chroniques de l'album "Les Rastas et les Punks"

Universalmusic.com par Gilles Verlant
" Nous avions déjà repéré le duo marseillais Nicholson à la sortie, en juillet 2006, d'un premier album sensationnel, intitulé "Moderne", où se croisaient les influences de Gainsbourg, Dutronc et des Clash.
Toujours en autoproduction sur leur propre label, baptisé Les Chroniques Sonores, ils récidivent ce 1er mars avec une nouvelle merveille intitulée "Les Rastas et les punks".
Leur univers musical est clairement marqué par le Sainte Trinité de la pop-music : des mélodies, du rythme et des textes de qualité.
L'influence gainsbourienne est toujours présente sur des titres comme "Dieu pardonne, pas moi" (déjà le titre d'un instrumental sur le précédent album) ou "(Et en plus il faudrait que je m'habille comme) Les Strokes".
Mais délectez-vous sans tarder de tout l'album, qui recèle d'autres perles comme "Un supplément d'âme", "Les Rastas et les punks" (règlement de compte sur tempo reggae) ou "Un si bel accident".
En fait, y a rien à jeter : Nicholson, c'est ce qui se fait de mieux dans la catégorie rock français en ce début 2008 !"

Magic, rpm
“Le disque navigue entre moments brillants et instants clichés. Nicholson, c’est le dessus du panier de la pop française” .G.Duhem
Note: 4/6

 

La magic box par Denis Z

Non, après Moderne, les Marseillais de Nicholson n’ont ni viré rasta ni punk. A travers le titre et la chanson, le duo affirme se foutre de toutes les étiquettes. Une attitude plutôt courageuse dans un pays qui a tendance à créer des raccourcis : tu chantes en français/ tu te réclames forcément de Brel et de Brassens/ Tu appartiens à la Nouvelle Scène Française. Tu t’exprimes en Anglais/ tu pompes les anglo-saxons/ tu vaux moins bien qu'eux/de toutes façons, tu ne passes pas en radio. Alors que faire de Nicholson qui chante en français et ne se réclame pourtant pas de grand Jacques et de l’anar Georges. Encore plus compliqué quand Nicholson cite ses propres références dans une éclairante liste : « Tu me dis que je chante comme Gainsbourg. Tu me dis que je fais des mélodies à la Beatles, à la Air, que j’aimerais chanter comme Strummer, Dutronc, Chamfort, Daho, Morrissey. Que j’aimerais faire des harmonies à la Crosby, Stills, Nash and Young. Les Byrds !(…) ». Nicholson vous donne son propre mode d’emploi tout en affirmant ne pas vouloir s’habiller comme les Strokes ! Dernier volte-face vis à vis de la hype. Ici le fond est plus important que la forme, ce qui ne leur vaudra pas d’avoir une visibilité médiatique nationale mais d’avoir un album qui durera plus que le printemps. Nicholson appartient donc à une autre famille
musicale française, une bande de franc-tireurs qui ont eu l’ambition folle de vouloir travailler la musique autant les mots. Outrecuidance suprême dans un pays qui fait honneur à Bénabar et Grand Corps Malade ! Les Rastas et les punks est un album varié. L’ombre de Gainsbourg est bel et bien là, derrière le magnifique Icônes, un titre qui vous donne des bouffées de chaleur et vous remue. Mais Nicholson se contente de joies simples : des titres avec des claviers en avant ; comme Daho ou Bashung des années 80, jugés hâtivement comme sympathiques mais avec le recul aux grandes vertus mélodiques. D’autres délicieusement sixties avec guitares Rickenbacker et bananes tombantes, une chansonnette de rock de film italien qui finalement devient ambitieuse en allant jusqu’au tragique duel Morriconnien d’un Type en sale état. Ce qui semble superflu et devient essentiel. Au final, Les rastas et les punks est un vrai album pop avec tous les atouts pour toucher le grand public. Malheureusement, l’heure n’est tout simplement pas à la musique dans les grands médias. Vous aurez peu de chance d’entendre le tube en puissance – entre Patrick Coutin et Fabio Viscogliosi - Un si bel accident. Une injustice de plus.

benzinemag.net par BenoîtRichard
Bénéficiant là encore d’une belle production aux accents 70’s (on pense à Air ou à Julien Baer) la formation marseillaise Nicholson distille dans ce nouvel album un chanson pop élégante et suffisamment décalé pour attirer notre attention. Un groupe qui n’a pas l’air de trop se prendre au sérieux et qui nous surprend d’abord par la qualité de sa musique et de ses arrangements avec vieux synthés et piano Rhodes en guest. Si la pop nous a dernièrement habitué à l’excellence (Orwell, Syd matters…) on peut affirmer aujourd’hui qu’il ne reste plus trop de chemin à parcourir à Nicholson pour que ces derniers attrapent enfin le bon wagon. (3.5)

Froggydelight.com par Little Tom
" De la VRAIE pop pas bafouée, pas violée qui fait la part belle aux mélodies, aux influences (Gainsbourg sur l’excellent "Icones", forcément, le titre parfait) et guitares qui planent. Aéroplanes. Période Homme à tête de chou sur la chanson éponyme, le dub moite des gens qui ont tout compris à l’hétéroclisme.
Avec ce titre, Les rastas et les punks, on aurait pu s’attendre au pire du rock de province joué par le dernier poète aux références nouvelle scène gnagnan. Mais c’est la queue entre les jambes qu’on rentre au bercail.
Des rastas et des punks. Comme un ultime combat entre la langue française et la pop. Entre les drogues et la raison. Il y aurait même des ressemblances étonnantes avec le poète urbain Joseph d’Anvers, la même tentation de lorgner le bitume à minuit. Lorsque les gens dorment, et que les rastas, les punks, les dandys se retrouvent pour festoyer.
Un très bon disque fait main avec dorure sur le coté.
Jusqu’au bout du CD, jusqu’aux "Doutes" de Nicholson, c’est une évidence, le garçon possède un avenir immédiat.

Sortiz.com
Non, ce n’est pas l’acteur américain Jack qui se met à la chanson, ni un disque de musique reggae ou punk, et encore moins une compilation de chansons aux sonorités dites anglophones et jamaïcaines. Loin de tout cela, Nicholson est tout simplement un projet de pop française, originaire de Marseille et créé dans les années 90 par Nicolas Danglade, rejoint un peu plus tard par Germain Courtot. Ses deux-là nous proposent de la pop électronique planante qui oscille aussi vers le rock, le blues, la new-wave, le funk, la chanson française et la musique de film.

Apparemment passionné et étonnement éclectique, Nicholson s’amuse à nous distiller des mélodies raffinées, sympathiques et rafraîchissantes, teintées d’arrangements aussi harmonieux qu’élégants et de rythmes tour à tour enlevées et évanescents, le tout sur fond de textes à la fois subtils et originaux. Compétents et talentueux dans bien des domaines (ils jouent de tous les instruments, arrangent et mixent l’ensemble), nos 2 compères nous propose un beau condensé de ballades accrocheuses, parfaitement maîtrisées, joliment mises en forme, et diablement orchestrées par leurs soins, le tout en référence à quelques grands noms du répertoire de la chanson française. On pense bien sûr à Serge Gainsbourg pour les textes efficaces et classieux, à Etienne Daho, Katerine et Air pour la musicalité primesautière et parfois expérimentale, et surtout à Alain Chamfort pour le timbre de voix étrangement comparable, comme à Benjamin Biolay pour l’ambiance très nonchalante, à peine interprétée, voire même parfois parlée, et souvent couverte par une orchestration minimaliste et bidouillée, ainsi que par des chœurs harmonieux. On peut s’en rendre compte notamment sur Un si bel accident, Un supplément d’âme et Des doutes, mais aussi sur le spleen Icônes, le lourd Les rastas et les punks à l’intro très Clash, l’ondulant Nicholson 2007, l’épuré Un type en sale état à la guitare acoustique, le psychédélique Les Strokes, et les 2 instrumentaux vaporeux, l’enveloppant Dieu pardonne pas moi (version 2007) et le longuet La femme sans tête aux effets electro. Alors, après dans tant de ravissements poétiques et de personnalités affichées, comment se fait-il qu’on n’ait pas la chance d’avoir entendu plus tôt cette jeune formation (on aurait tort de s’en priver !), et surtout d’écouter plus souvent ce genre d’artistes, des chanteurs comme des groupes de cet acabit et de ce gabarit qui sont capables de concurrencer, voire de rivaliser avec n’importe quel confrère actuel ? Serait-ce par hasard par le simple fait qu’ils résident bien loin de Paris, dans une lointaine province, ou parce que la pop ne fait plus vraiment recette aujourd’hui à quelques rares exceptions près ? Allez savoir…En attendant, faites-vous plaisir et allez les applaudir comme il se doit en concert !

Concertandco.com par Pirlouiiiit
Nicholson - Les Rastas Et Le Punks Deux ans après leur premier album (Moderne) revoilà Nicolas Danglade et Germain Courtot avec 10 nouveaux morceaux pour un album dans la lignée du précédent … entre chanson et rock … donc on va dire plutôt pop. Au jeu des ressemblances on peut toujours citer Gainsbourg, Dutronc (ou tous ceux qu’ils mentionnent ironiquement dans leur dernier morceaux) mais il y a aussi tout un tas d’autres choses comme un peu de -M- sur des morceaux comme Supplément d’âme ; même si le chant n’a rien à voir. En effet le chant de Nicolas est plutôt légèrement plaintif, avec une voix a la limite du chevrotement sur pas mal de morceaux. Musicalement toujours aussi riche, chiadé et varié, a l’image des nombreuses références cinématographiques ou littéraires qui émaillent ce disque. Malgré des titres un peu provoc’ comme les rastas et les punks, (et en plus il faudrait que je m’habille comme) les Strokes ?!! ou encore Dieu pardonne, moi pas, Nicholson n’est ni un groupe prétentieux, ni un groupe aigri … c’est un groupe de chanson (pop) capable de passer de morceaux sautillants et dansants comme Un si bel accident a des instrumentaux (dont il ont sorti un maxi entre leurs deux albums) a des morceaux plus calmes comme ce Un type en sal état, ou cette version de Icones, en passant par instrumentaux (dont ils ont sorti un EP entre leurs deux albums) comme La femme sans tète. Visiblement sur (scène leur son s’est durci ! Ce disque ne donner que plus envie d’aller (re)vérifier sur scène sur une durée plus longue, d’autant que maintenant le duo se produit accompagné d’un batteur (Alanson).

nouvelle vague par J.P. Blanchard

On n’a pas affaire à des débutants. Encore moins à des apprentis. Au sein de Nicholson, on sait se débrouiller, ça ne date pas d’hier. Nicolas Danglade n’a pas attendu qu’on s’intéresse à sa musique pour en faire. Dès l’aube des nineties, il tente de déployer ses inspirations poétiques à travers quelques compos pop, tout seul et tout faisant. Il est rejoint quelques années plus tard par Germain Courtot, un vieux copain de fac. Nicholson, le duo, ça démarre. Les jeunes hommes sont mûrs et pleins d’idées prêtes à rafraîchir la chanson française. Ils décident d’empoigner leur destin commun. En 2005, âgés de trente-quatre ans chacun, ils montent en société leur label Les Chroniques Sonores. Un an plus tard, résolus à tout faire eux-mêmes, ils sortent Moderne, un premier disque mûrement composé dont ils jouent tous les instruments. Audacieux et sûrs de leurs talents, ils vont jusqu’à dessiner la pochette. Ces initiatives ne sont pas fantaisistes et le succès est au rendez-vous. Naturellement, le curriculum vitae s’étoffe et ils s’affichent en premières parties de Benjamin Biolay et de Jean-Louis Murat. Au cours de leurs concerts les plus récents, ils louent les services d’Alain Bordes, un batteur qui finit par intégrer le groupe. Ainsi, avec l’arrivée d’Alain (ex-Les Edmonds, compositeur de musiques de films et de spectacles pour enfants), Nicholson devient un trio en 2008. Mais s’ils défendent tous les trois le nouveau disque sur scène, il s’agit du fruit d’un travail réalisé l’an passé par Nicolas et Germain. Cette année, c’est en souverains de la scène pop marseillaise qu’ils délivrent cet album au titre déroutant : Les rastas et les punks.

Ni rasta, ni punk, Nicholson

L’atmosphère est légère et la voix joueuse de Nico chevauche les mélodies avec désinvolture. Des guitares rock, folk, ou des notes électroniques offrent du volume à cet album fougueux, mais on se demande quels rôles rastas et punks tiennent dans cet univers musical. Mister Danglade se devait de nous expliquer le nom du disque, en opposition avec son contenu. « Les rastas et les punks, ce sont deux mouvements qui ont beaucoup apporté à la pop. Chez les punks, on a repris le côté “ on fait les choses nous-même ”, ce côté “ do it yourself ”. On fait les sacrifices que ça engage, mais on s’autonomise le plus possible. Par exemple, on fait nous-même nos pochettes, on a monté notre propre label… ». Il poursuit : « Les rastas ont apporté cette culture du travail de production qui s’est généralisée. Ils changeaient les sons, les transformaient, les trituraient… Avant, dans le rock, on se contentait de brancher la guitare et on jouait ». Loin de s’adonner à des pratiques aussi simples, c’est entre les murs de leur mini studio qu’ils élaborent des harmonies complexes. En tant qu’auteurs, ils refusent de sacrifier le fond musical au profit des paroles, et en tant qu’interprètes, ils s’ennuieraient à jouer des chansons qui se ressemblent toutes. Les dix titres de Les rastas et les punks sont le fruit de l’éthique impeccable d’un groupe à l’écriture fine. Nicholson revendique un décalage entre la poésie légère des paroles et la profondeur des arrangements. Le résultat pourrait être pompeux, mais, au contraire, c’est terriblement efficace. Nicolas nous parle de cette approche de la composition : « Une chanson, c’est comme un squelette qu’il faut habiller. Pour nous, l’habillage est aussi important que le squelette. Pendant que l’on composait, on se demandait sans cesse comment ça allait sonner. (…) On voulait faire un album à jouer en live, en gardant nos arrangements On avait toujours ça en tête. On a cherché à faire quelque chose de spontané, d’impulsif… ». Individuellement, chaque morceau apporte une pierre à ce solide édifice pop. Des doutes est un tube imparable et dansant, Icônes fascine par sa gracieuse mélancolie, Strokes ?!! est drôle… L’auditeur peut enclencher le mode “ repeat “ sur son lecteur : ce ne sont pas des chansons dont on se lasse.


Retrouvez également d’ores et déjà “Les Rastas et les Punks” en playlist sur:

France inter / France Bleu (manuel)
RFM
Radio Campus Clermont
Radio Campus Angers
Radio Campus Bordeaux
C’rock
666
Radio Coteaux
Radio Ballade (Espéraza)
Equinoxe (Namur)
Radio Agora FM (Cannes)

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